Selon l’étude Women’s Health Initiative, le traitement hormonal substitutif augmenterait le risque de démence.
Nombreuses sont les études pré-cliniques qui ont mis en évidence des effets neuroprotecteurs des estrogènes sur des modèles expérimentaux. Certaines études cliniques ont également retrouvé un bénéfice cognitif ainsi qu’une diminution du risque de maladie d’Alzheimer chez les femmes recevant des estrogènes. Mais une étude randomisée contre placebo de grande envergure ayant pour objectif d’évaluer l’impact d’un traitement hormonal substitutif sur les performances cognitives et les risques de démence, faisait jusqu’ici défaut. Une analyse des effets d’une combinaison entre estrogène conjugué et medroxyprogestérone sur le déficit cognitif chez des femmes ménopausées de plus de 65 ans, a été réalisée dans le cadre de l’étude Women’s Health Initiative. Après un suivi de plus de 4 ans, l’incidence des démences probables (essentiellement de type Alzheimer) était multipliée par 2 dans le groupe qui recevait une hormonothérapie. Par ailleurs, le traitement hormonal substitutif n’empêchait pas le déclin cognitif léger, puisqu’une faible augmentation du risque d’altération globale cognitive était observée.
Publié en Juin 2003
Références : Shumaker SA & al. JAMA. 2003;289:2651-62; Rapp SR & al. JAMA.2003;289:2663-72