Temps de sommeil trop long ou trop court : gare au diabète.
De nombreuses études ont montré que les troubles du sommeil étaient des facteurs de risque de dépression, d'anxiété ou d'hypertension. Récemment, deux équipes ont précisé aussi les rapports entre le sommeil et le diabète de type 2. Le premier travail transversal concernait 1741 américains souffrant d’insomnie. Les sujets âgés de 49 ± 14 ans étaient classés comme insomniaques s’ils se plaignaient d’insomnie depuis plus d’un an, et comme ayant un sommeil de mauvaise qualité en cas de difficulté à s’endormir ou à maintenir un sommeil continu, ou de réveil précoce. Le diabète était défini par une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l ou par la prise d’un traitement antidiabétique. Le temps de sommeil était mesuré par polysomnographie. La moitié des sujets dormaient 6 h ou plus par nuit, un quart entre 5 et 6 h et le dernier quart 5 h ou moins. Les résultats étaient ajustés sur l’âge, l’origine ethnique, le sexe, l’indice de masse corporelle, le tabagisme, la consommation d’alcool, la dépression, les apnées du sommeil et les myoclonies nocturnes. Les résultats ont montré que l’insomnie chronique, mais pas le sommeil de mauvaise qualité, était associée à un risque plus élevé de diabète. Parmi les sujets insomniaques, ceux qui dormaient 5 h ou moins avaient un risque plus important de développer un diabète que ceux qui dormaient 6 h ou plus.
La deuxième étude concernait des finlandais en surpoids et qui présentaient une intolérance au glucose. Les 522 participants âgés de 40 à 64 ans, ont été tirés au sort pour faire partie d’un groupe bénéficiant de conseils sur l’alimentation et l’activité physique ou d’un groupe témoin recevant seulement les soins habituels. L'incidence du diabète au cours des 7 ans de suivi a été calculée selon la durée quotidienne de sommeil renseignée à l'inclusion. Dans le groupe témoin, le risque de développer un diabète était multiplié par 2,3 et par 2,7 chez les sujets dont la durée de sommeil était comprise respectivement entre 9h et 9h30 et plus de 10 h par jour, comparativement au groupe qui dormait entre 7h et 8h30. En revanche, la durée du sommeil n'avait pas d'influence sur l'incidence du diabète dans le groupe intervention, et ce, quelle que soit la durée du sommeil. Si un temps de sommeil très court ou très long est en relation avec le diabète, des conseils d’hygiène de vie portant sur la réduction de poids, une alimentation saine et une activité physique régulière atténuent ce risque.

Publié en Janvier 2010
Références : Vgontzas AN et al, Diabetes Care. 2009;32:1980-1985.Tuomilehto H et al. Diabetes Care. 2009;32:1965-1971