Troubles du sommeil et fragilité sont bien souvent associés.
Avec l’âge, les plaintes de mauvais sommeil sont de plus en plus fréquentes. Il peut s’agir d’un sommeil non récupérateur, de difficultés à s’endormir, de réveils nocturnes prolongés ou de réveils trop matinaux. Par ailleurs, au grand âge des signes de fragilité sont souvent présents tels que perte involontaire de poids, faiblesse générale, résistance à l’effort amoindrie, marche lente et activité physique réduite. Bien qu’un sommeil de mauvaise qualité ainsi que des troubles respiratoires du sommeil aient pu être associés à une situation de fragilité, un lien formel restait à établir. Plus de 3 100 sujets de sexe masculin, âgés en moyenne de 76 ans, ont répondu à un questionnaire sur la qualité de leur sommeil. Des enregistrements objectifs de leurs cycles veille-sommeil ont été obtenus à l’aide d’un actimètre chez plus de 98% d’entre eux et des enregistrements polysomnographiques ont été réalisés chez 2 909 individus. Dans cette population, 32% étaient considérés comme robustes alors que 14% étaient jugés fragiles. Ces derniers étaient les plus âgés et avaient en moyenne 80 ans. Les personnes fragiles se plaignaient plus fréquemment de la qualité de leur sommeil et étaient plus souvent somnolentes dans la journée. Une moindre efficacité du sommeil (temps réellement passé à dormir / temps passé au lit), une latence d’endormissement d’au moins 1 heure, et des apnées du sommeil fréquentes, caractérisées par au moins 15 épisodes / heure de sommeil, étaient indépendamment associées et de façon graduelle à un état de fragilité. Il serait intéressant d’évaluer le bénéfice éventuel d’une prise en charge des troubles du sommeil sur l’évolution de la fragilité de ces patients.
Publié en Décembre 2009
Références : Ensrud KE et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:2085-2093