Une augmentation de mortalité persiste pendant plusieurs années après une fracture.

Une augmentation du risque de mortalité dans les semaines ou mois qui suivent une fracture de hanche est un phénomène bien décrit. Qu’en est-il après un autre type de fracture ? Grâce à la disponibilité de dossiers médicaux quasi exhaustifs et d’un suivi de longue durée, les observations effectuées sur les participants de la cohorte Olmsted County dans le Minnesota aux Etats-Unis permettent de répondre à cette question. Les 2 901 sujets de cette cohorte qui avaient été victimes d’une fracture entre 1989 et 1991 ont été suivis pendant 22 ans ou jusqu’à leur décès. Parmi eux, 402 avaient fait 2 fractures entre 1989 et 1991, 90 en avaient fait 3, et 47 au moins 4. Globalement, 51% des fractures résultaient d’un très faible traumatisme, et dans 448 cas, aucun traumatisme n’avait été mentionné. Au cours de cette période, 1 420 participants sont décédés. Les patients qui avaient été victimes d’une fracture résultant d’un processus pathologique à type de métastase osseuse avaient un risque de mortalité multiplié par 28 à 30 jours et par 14 à 10 ans, indépendamment de l’âge. Après une fracture traumatique sévère, ce risque était multiplié par 16 à 30 jours chez les hommes et par 6 chez les femmes, alors qu’il n’était pas significativement augmenté au cours des 10 années suivantes. Les fractures ostéoporotiques étaient associées à un risque de décès multiplié par 6 chez les hommes et par 4 chez les femmes dans le mois suivant l’événement. Cette différence entre hommes et femmes disparaissait au bout de 5 ans. A la différence des fractures d’origine traumatique, après une fracture ostéoporotique, sauf fractures de la main et du pied, l’augmentation du risque de mortalité est restée élevée tout au long de la période d’observation. Ainsi, après ajustement sur l’âge, au-delà de 5 ans, la majoration était de 20%. Cette augmentation persistante de la mortalité après une fracture est classiquement attribuée aux comorbidités associées. Les facteurs de risque potentiellement associés restent à définir de manière plus précise de façon à pouvoir mettre en place des mesures prophylactiques adaptées.

Publié en Juillet 2013
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Melton LJ et al. Osteoporosis Int. 2013;24:1689-1696.