Une consommation régulière de café ne semble pas avoir d’impact sur le risque de fracture.

A côté des nombreux effets bénéfiques attribués à la consommation régulière de café, un certain nombre d’observations ont mis en avant un impact négatif sur le squelette. Une association entre une consommation importante de café et une faible densité minérale osseuse a ainsi été rapportée, mais uniquement chez les femmes. De plus, il a été montré que la caféine ralentissait l’absorption intestinale du calcium et favorisait son élimination urinaire. Une étude prospective de grande ampleur s’imposait donc pour vérifier les effets éventuels du café sur la densité minérale osseuse et le risque de fracture. Une telle étude a été réalisée en Suède, pays à la fois de forte consommation de café et où l’incidence des fractures ostéoporotiques est particulièrement élevée. Les données ont été collectées dans le cadre de la Swedish Mammography Cohort qui a permis de suivre 61 433 femmes, nées entre 1914 et 1948, pendant 20 années, entre 1987 et 2008. Les habitudes alimentaires ont été évaluées à l’aide de questionnaires validés, adressés à 3 reprises aux participantes. Au cours de l’étude, 14 738 femmes ont été victimes d’une première fracture dont 3 871 fractures de hanche. L’analyse statistique multivariée n’a montré aucune association significative entre le risque de fracture, quelle que soit sa localisation, et une consommation de café jusqu’à 8 tasses par jour. Toutefois, comparée à une faible consommation de café, soit moins d’une tasse par jour, les personnes qui en buvaient au moins 4 tasses quotidiennement avaient une densité minérale osseuse diminuée de 2 à 4% selon le site. Cet effet était encore moins marqué chez les femmes qui avaient un niveau sérique en vitamine D < 50 nmol/l. La faible réduction de la densité minérale osseuse associée à la consommation de café ne se traduit donc pas par une augmentation du risque de fracture, tout au moins chez la femme. 

Publié en Octobre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Hallström H et al. Am J Epidemiol. 2013;178:898-909.