Une histoire de parodontite majore le risque d’accident vasculaire cérébral.
Le parodonte représente l’ensemble des tissus de soutien des dents. Les microorganismes présents lors d’une maladie parodontale peuvent migrer dans la circulation sanguine et être impliqués dans les maladies cardiaques, cérébrovasculaires et pulmonaires. Une augmentation de la fréquence des accidents vasculaires cérébraux avait déjà été observée au cours de diverses études épidémiologiques chez les personnes qui souffrent de parodontite, avec des majorations du risque plus ou moins marquées selon les patients et les critères de définition des parodontites. Cette association vient d’être confirmée par des chercheurs américains qui ont analysé les dossiers médicaux de 1 137 hommes participant à l’étude longitudinale Veterans Affairs Normative Aging and Dental Longitudinal Study. Ils étaient âgés de 27 à 84 ans à l’inclusion dans l’étude et ont été examinés tous les 3 ans pendant 24 ans en moyenne. Une relation éventuelle entre une parodontopathie et l’incidence des maladies cérébrovasculaires, regroupant les accidents vasculaires constitués et transitoires, a été recherchée. En tout, 80 cas de maladies cérébrovasculaires ont été recensés au cours du suivi. Après ajustement sur les facteurs de confusion, notamment le niveau socioéconomique et les facteurs de risque vasculaire, les analyses ont montré que les accidents vasculaires cérébraux étaient plus fréquents chez les sujets qui avaient le plus de perte osseuse alvéolaire liée à une histoire de parodontite. Cette relation était plus marquée chez les sujets âgés de moins de 65 ans, avec un risque multiplié par 5,8 chez ces derniers alors qu’il n’était que 2,4 fois plus élevé chez les plus âgés. Pour les auteurs, la présence d’une affection du parodonte pourrait constituer un marqueur important du risque d’accident vasculaire cérébral.
Publié en Décembre 2009
Références : Jimenez M et al. Ann Neurol 2009;66:505–512