Une variabilité tensionnelle élevée est associée à un déclin cognitif, indépendamment du niveau de pression artérielle.

Des travaux récents ont mis en évidence l’importance de la variabilité de la pression artérielle en tant que facteur de risque de complications cardiovasculaires chez les personnes âgées. Il a en particulier été montré qu’une variabilité élevée augmentait le risque d’accident vasculaire cérébral. C’est dans le cadre de l’étude prospective multicentrique PROSPER, destinée initialement à étudier les effets vasculaires de la pravastatine chez les patients âgés à risque cardiovasculaire, que des données ont pu être collectées sur l’association entre la variabilité tensionnelle et le risque de déclin cognitif. Les 5 461 patients inclus étaient âgés de 70 à 82 ans (âge moyen 75 ans) en début d’étude. La moitié d’entre eux souffrait de maladies cardiovasculaires et les autres participants avaient au moins 1 facteur de risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, tabagisme ou diabète). Des mesures de pression artérielle ont été effectuées tous les 3 mois à l’aide d’un appareil automatique et selon un protocole standardisé. La variabilité de la pression a été définie comme la déviation standard à la moyenne des mesures effectuées au cours de l’étude. Tous les participants avaient un score au test MMSE ≥ 24 en début d’étude. Après un suivi moyen de 3,2 années, 4 domaines cognitifs ont été explorés : l’attention sélective, la vitesse d’analyse des données et la mémoire immédiate et à long terme. De plus, une IRM cérébrale a pu être réalisée chez 553 participants. Une association a été observée entre la variabilité de la pression artérielle et une dégradation des 4 domaines cognitifs explorés, indépendamment des valeurs de pression artérielle moyenne et des facteurs de risque cardiovasculaire. Les patients qui avaient la variabilité la plus élevée, soit une déviation standard comprise entre 16,3 et 64,4 mmHg pour la systole et comprise entre 8,6 et 33,1 mmHg pour la diastole, avaient des performances significativement moins bonnes que ceux dont la variabilité était la plus faible (comprise entre 0,7 et 12,2 mmHg pour la systole et 0,0 et 6,5 mmHg pour la diastole). De plus, une variabilité tensionnelle élevée était associée à un volume hippocampique plus faible et une prévalence plus élevée d’infarctus corticaux. Les micro saignements étaient également plus fréquents chez les personnes qui avaient une grande variabilité de la pression diastolique. Il est possible qu’une instabilité hémodynamique conduise à des épisodes d’hypoperfusion cérébrale ainsi qu’à une altération de l’intégrité de la microcirculation cérébrale conduisant à une rupture locale de la barrière hémato-encéphalique, phénomènes susceptibles d’entraîner une perte neuronale accélérée.

Publié en Septembre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Sabayan B et al. Brit Med J. 2013;347:f4600.