Activité physique, sédentarité au travail et risque de cancer colorectal.

De nombreux travaux ont déjà montré les bienfaits de l’activité physique dans la prévention du cancer colorectal. Pour préciser le rôle des différents types d’activité physique, des épidémiologistes hollandais ont analysé les données recueillies au cours du suivi de la cohorte Netherland Cohort Study, constituée en 1986 et comportant 120 852 participants alors âgés de 55 à 69 ans, tous indemnes de cancer. Les habitudes alimentaires, ainsi que les activités physiques au travail, le temps passé assis, les activités de loisirs et la pratique de divers sports au cours de la vie ont été renseignés grâce à des questionnaires. En 2002, au total, 1 165 cancers du côlon et 464 cancers du rectum avaient été diagnostiqués chez les hommes et 1 009 et 252 cas respectivement chez les femmes. Le risque de cancer du côlon était significativement plus faible chez les personnes qui avaient un travail très physique. En particulier, le risque de cancer distal chez les hommes qui étaient actifs toute la journée, comparés à ceux qui avaient un travail de bureau, était diminué de 29%. De même, ceux qui restaient assis moins de 2 heures par jour, comparés à ceux qui étaient assis plus de 6 à 8 heures chaque jour, avaient un risque réduit de 37%. Cependant, une augmentation non significative de 30% du risque du cancer du rectum était observée chez les plus actifs, sans association avec le temps passé en position assise. Chez les femmes, trop peu avaient eu un emploi régulier pour pouvoir étudier la relation éventuelle entre le type de travail et le risque de cancer. Plus les durées d’activités physiques de loisir des femmes étaient élevées, plus le risque de cancer colique était bas, avec une diminution de 30% chez celles qui faisaient quotidiennement plus de 90 min d’activité versus celles qui en faisaient moins de 30 min. De même, chez ces femmes actives, le risque de cancer du rectum était diminué de 40%. C’est surtout la marche et le vélo qui étaient bénéfiques avec une diminution du cancer du rectum de 53% chez celles qui en faisaient plus d’1 h/jour versus moins de 10 min. De façon surprenante, les hommes qui jardinaient, qui bricolaient ou bien qui avaient une activité sportive plus de 2 h/semaine, avaient un risque de cancer du côlon distal majoré de 50%, comparés à ceux qui ne pratiquaient pas ces activités de loisir. Les hommes et les femmes qui avaient commencé une activité sportive avant la puberté avaient un risque de cancer du côlon diminué de 35%, comparés aux personnes qui n’avaient jamais pratiqué de sport. Globalement, ces résultats montrent que l’activité physique contribue bien à diminuer le risque de cancer du côlon distal en particulier, et qu’une limitation du temps en position assise pourrait également être bénéfique. Toutefois, les résultats concernant la relation entre certaines activités de loisir ou les dépenses physiques au travail chez les hommes et le risque de cancer colorectal sont plutôt inattendus. Pour les auteurs, les résultats de cette étude plaident malgré tout en faveur d’une activité physique régulière et une limitation de la sédentarité.

Publié en Avril 2013
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Simons CCJM et al. Am J Epidemiol. 2013;177:514-530.