Au grand âge, c’est la stabilité du poids qui compte.

Bien qu’un indice de masse corporel (IMC) trop élevé au cours de la vie soit associé à une espérance de vie diminuée, la valeur idéale de l’IMC au grand âge reste à préciser. Alors que les données disponibles sont discordantes, il semble bien que ce soit surtout les changements de poids qui ont le plus de répercussions sur le risque de mortalité. Pour y voir plus clair, les données obtenues à partir de 3 études de population suédoises ont été rassemblées : une cohorte concernait des jumeaux de 80 ans et plus, une autre des jumeaux de 70 à 79 ans et la troisième était constituées de personnes de 86, 90 et 94 ans sélectionnées au hasard et représentatives de la population générale. Au total, 882 participants ont été suivis sur une période de 18 années au cours de laquelle 667 décès ont été dénombrés. Le poids et la taille des individus avaient été mesurés en début d’étude, puis 2 à 4 ans plus tard. Chez les personnes en surpoids (IMC compris entre 25,0 et 29,9 kg/m2), le risque de mortalité était diminué de 20%, soit un gain moyen d’environ 1 année d’espérance de vie, comparées à celles qui avaient un IMC normal (de 18,5 à 24,9 kg/m2) ou trop faible (inférieur à 18,5 kg/m2), Cependant, le risque de mortalité des sujets obèses (IMC ≥ 30 kg/m2) était comparable à celui des personnes de poids normal, indépendamment de l’âge, du niveau d’instruction et des diverses pathologies. Ce risque était augmenté de 65% et de 53% respectivement lorsque l’IMC avait diminué d’au moins 5% ou augmenté d’au moins 5%, comparé à une stabilité pondérale. Un IMC stable procurait ainsi un gain d’espérance de vie de plus d’1 année. Toutefois, les répercussions d’une perte ou d’un gain de poids étaient fortement atténuées chez les plus âgés. Cette étude confirme que le surpoids confère un avantage d’espérance de vie chez les sujets âgés et que les critères de définition de l’IMC idéal ne semblent pas adaptés. De plus, un IMC stable, reflet probable d’un état de santé satisfaisant chez ces personnes, semble être un gage de longévité.

Publié en Mai 2013
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Dahl AK et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:512-518.