Bénéfice à long terme d'une perte de poids sur la sévérité des apnées du sommeil chez les diabétiques obèses.

L’excès pondéral est l’un des principaux facteurs de risque d’apnées obstructives du sommeil. En toute logique, une perte de poids est donc recommandée chez les patients obèses ou en surpoids qui souffrent de ce trouble respiratoire nocturne. Toutefois, bien que des retombées positives d’une telle mesure sur la sévérité des apnées aient été mises en évidence après quelques mois d’intervention, leur persistance sur le long terme est plus hypothétique. Pour le vérifier, une étude d’intervention multicentrique a été conduite sur un groupe de 264 patients diabétiques de type II, âgés en moyenne de 61 ans, qui souffraient tous d’apnées obstructives du sommeil (index d’apnées/hypopnées ou IAH = 23 ± 16) et étaient obèses (IMC moyen = 37 kg/m2et tour de taille = 116 ± 13 cm). Deux groupes ont été constitués : un groupe « intervention intensive sur le mode de vie » qui recevait des recommandations pour un contrôle strict des apports alimentaires ainsi que pour les activités physiques, avec un suivi régulier personnalisé, et un groupe témoin qui ne recevait que des conseils d’hygiène de vie dispensés de manière collective. Alors que dans le groupe témoin la diminution moyenne de poids corporel était inférieure à 1 kg après 1 an, 2 ans et 4 ans de suivi, dans le groupe intervention, les pertes de poids au cours de cette même période étaient de 10,7, 7,4 et 5,2 kg. De même, le tour de taille était resté inchangé dans le groupe témoin mais il avait diminué de 9 cm, 6 cm et 3,5 cm après 1 an, 2 ans et 4 ans de suivi. Dans le groupe intervention, l’IAH avait diminué de 4 à 6 événements/heure aux différentes périodes d’observation, mais dans le même temps avait augmenté en moyenne de 4 événements/heure chez les témoins. Au cours de l’étude, une diminution de la sévérité des apnées était 2 fois plus fréquente et une disparition des apnées (IAH < 5) 5 fois plus souvent observée dans le groupe intervention que dans le groupe témoin. Cette étude confirme les effets positifs d’une perte de poids sur la sévérité des apnées obstructives du sommeil chez les diabétiques en surpoids, et montre surtout que ces effets persistent au moins pendant 4 années, en dépit d’une reprise progressive de poids au cours du temps. Bien que l’amélioration des apnées résultait en grande partie de la perte de poids, l’intérêt d’une prise en charge globale de ces patients est bien souligné par les auteurs.

Publié en Juin 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Kuna ST et al. Sleep. 2013;36:641-649.