Chez les nonagénaires, déclin des capacités physiques et démence sont intimement liés.

L’association entre un ralentissement des fonctions exécutives et des difficultés de mobilité suggère que la préservation de l’autonomie nécessite non seulement un maintien des performances physiques mais aussi de certaines fonctions cognitives. Ces données avaient jusqu’ici été obtenues chez des seniors relativement jeunes. Le lien entre vieillissement et apparition d’un syndrome démentiela maintenant été examiné sur une cohorte de nonagénaires suivie depuis début 2003 par l’Université de Californie. Au total, 629 participants, âgés en moyenne de 94 ans à leur entrée dans l’étude et dont 72% étaient des femmes, ont été inclus. Leurs capacités physiques ont été évaluées à l’aide de 4 tests : la vitesse de marche sur 4 mètres, 5 levers de chaise, la force de préhension et l’équilibre en position debout, avec un score allant de 0 (incapacité à effectuer le test) à 4 (bonnes performances). Des performances physiques médiocres étaient significativement associées à une augmentation linéaire du risque de démence, quelle qu’en soit la cause. A toute diminution d’1 unité à chacun des 4 scores était associée une majoration significative du risque de démence d’un facteur 2,1 pour le test de marche comme pour le lever de chaise, 1,9 pour le test d’équilibre et 1,7 pour la force de préhension. Ainsi, un déclin même modeste des capacités physiques est associé à une augmentation du risque de démence. Ces résultats confirment les conclusions d’études précédentes réalisées chez des seniors plus jeunes, suggérant la complexité du processus neurodégénératif conduisant à la démence, processus qui affecterait également les capacités fonctionnelles. Toutefois, il est encore difficile de préciser les relations temporelles entre l’atteinte cognitive et les troubles fonctionnels.

Publié en Février 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Bullain SS et al. JAMA Neurol. 2013;70:107-113.