Chez les seniors, les réadmissions sont fréquentes au cours des semaines qui suivent leur sortie après hospitalisation.

Partant du constat que les retours à l’hôpital sont fréquents chez les personnes âgées précédemment admises pour une insuffisance cardiaque, un infarctus du myocarde ou une infection pulmonaire, les autorités de santé américaines ont essayé de mettre en place une stratégie destinée à améliorer la qualité des soins et le suivi des patients afin de réduire cette récurrence. Une enquête a été menée entre 2007 et 2009 sur des patients de 65 ans ou plus afin de déterminer les paramètres ayant une influence sur les réadmissions survenant dans les 30 jours après une hospitalisation pour une insuffisance cardiaque, un infarctus du myocarde ou une pneumonie. Sur 1 330 157 admissions pour insuffisance cardiaque, 24,8% des malades ont été réadmis. Après 548 834 hospitalisations pour un infarctus aigu du myocarde, 19,9% sont revenus dans l’établissement. Enfin, après 1 168 624 admissions pour pneumonie, 18,3% ont été ré-hospitalisés. Les patients ré-hospitalisés étaient âgés de 80 ans en moyenne. La grande majorité d’entre eux a été réadmise une seule fois. Après hospitalisation pour une insuffisance cardiaque, un infarctus du myocarde ou une pneumonie, la même pathologie était à l’origine de la réadmission dans 35%, 19% et 22% des cas, respectivement. Plus de 60% de ces retours à l’hôpital se faisaient dans les 15 jours suivant la sortie. Ni l’âge, ni le sexe, ni l’origine ethnique ne semblaient avoir d’influence sur les raisons des ré-hospitalisations, leur fréquence ou leur rapidité. En dehors de la pathologie initiale, les raisons des retours étaient très hétérogènes et pourraient être en partie la conséquence d’une fragilisation au cours du séjour hospitalier. Ces observations confirment l’intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire des patients âgés ainsi que de la mise en place de systèmes de transition et de suivi lors de la sortie de l’hôpital.

Publié en Mars 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Dharmarajan K et al. JAMA. 2013;309:355-363.