Des apports calciques excessifs ne sont pas sans danger.

Compte tenu du rôle primordial attribué au calcium dans la régulation de nombreuses fonctions physiologiques, et tout particulièrement du métabolisme osseux, il est vivement recommandé d’assurer des apports suffisants afin de prévenir tout risque de fracture en seconde partie de vie. Aujourd’hui, pour palier les insuffisances alimentaires, selon des estimations récentes, plus de 60% des femmes américaines de plus de 50 ans auraient recours à la prise de suppléments calciques. Cependant, une alerte récente a été lancée suite à une ré-analyse de résultats d’études antérieures qui a mis en lumière un risque accru de complications cardiovasculaires chez les femmes qui abusaient de ces suppléments minéraux. Les résultats d’une nouvelle étude sur une cohorte de plus de 61 000 femmes suédoises, suivies sur une durée médiane de 19 années, apportent des précisions concernant les posologies optimales en calcium. Les habitudes alimentaires ont été évaluées à 2 reprises à l’aide d’un questionnaire. Les apports journaliers en calcium ont été calculés en prenant en compte les compléments minéraux éventuels. Au cours du suivi, 11 944 décès ont été enregistrés, dont 3 862 d’origine cardiovasculaire, 1 932 en raison d’un accident cardiaque ischémique et 1 100 d’un AVC. Pour la très grande majorité des participantes, soit 38 388 femmes, les apports quotidiens en calcium se situaient entre 600 et 999 mg. Pour 2 058 d’entre elles, ils étaient < 600 mg et pour 1 241 femmes, ils étaient ≥ 1 400 mg, soit en moyenne 2 137 mg pour ces dernières. Comparées aux personnes qui absorbaient entre 600 et 1 000 mg de calcium par jour, celles qui en prenaient plus de 1 400 mg avaient un risque de mortalité globale, de mortalité d’origine cardiovasculaire et de décès par infarctus du myocarde respectivement augmenté de 40%, 49% et multiplié par 2. En revanche, le risque d’AVC n’était pas augmenté. Les femmes qui avaient des apports alimentaires de plus de 1 400 mg/jour et qui en plus prenaient des suppléments calciques (essentiellement sous forme de comprimés à 500 mg), avaient un risque de mortalité globale multiplié par 2,6, comparées à celles qui avaient des apports entre 600 et 999 mg/jour. La prise de vitamine D n’avait pas d’impact sur la relation entre les apports en calcium et le risque de décès. Une vérification des apports alimentaires semble donc une sage précaution avant la prise de suppléments calciques.

Publié en Mars 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : MichaĆ«lsson K et al. Brit Med J. 2013;346:f228.