La fibrillation auriculaire est bien un facteur de risque indépendant de mortalité globale.

L’augmentation de la prévalence de la fibrillation auriculaire est associée en grande partie au vieillissement de la population ainsi qu’aux maladies cardiovasculaires très fréquentes chez les personnes âgées. Une vaste étude de population vient d’être réalisée en Suède afin d’estimer le rôle de différents paramètres sur le risque de décès des patients hospitalisés en raison d’une fibrillation auriculaire. Au total, 272 186 malades, dont 44% avaient entre 75 et 85 ans, hospitalisés entre 1995 et 2008 et qui souffraient d’une fibrillation auriculaire ont été inclus dans cette étude. Ce trouble du rythme était la cause première de leur hospitalisation pour 119 631 d’entre eux. Le risque de mortalité de tous ces patients a été comparé à celui d’une cohorte de 544 344 sujets témoins, indemnes de fibrillation. La fibrillation auriculaire était près de 3 fois plus fréquente chez les personnes de 75 à 85 ans que chez les moins de 65 ans. La mortalité globale était plus élevée chez les patients qui étaient en fibrillation auriculaire comparés aux sujets témoins, en particulier au cours de la première année après le diagnostic. Après ajustement sur la présence concomitante d’une hypertension artérielle, d’une insuffisance cardiaque, d’un diabète, d’un antécédent d’accident vasculaire cérébral ou encore d’une BPCO, le risque de mortalité globale, comparé à celui des sujets témoins après 14 années de suivi, était multiplié par 2,15, 1,72 et 1,44 chez les femmes de moins 65 ans, de 65 à 74 ans et de 75 à 85 ans, respectivement. Les chiffres correspondants pour les hommes étaient de 1,76, 1,36 et 1,24. C’est la coexistence de maladies non retenues dans les scores de risque thromboembolique, comme une insuffisance rénale chronique, un cancer, une BPCO ou un diabète, qui contribuait le plus fortement à cette augmentation de mortalité. La fibrillation auriculaire est donc bien un facteur de risque indépendant de mortalité globale, le risque étant significativement plus élevé chez les femmes que chez les hommes, ainsi que chez les personnes les plus jeunes.

Publié en Mai 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Andersson T et al. Europ Heart J. 2013;34:1061-1067.