La fibrillation auriculaire serait un facteur de risque de déclin cognitif et de démence, indépendamment de la survenue d’un AVC.

La fibrillation auriculaire augmente de manière très significative le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Ce trouble du rythme cardiaque est également associé à un déclin cognitif, sans que l’on sache très bien si cette relation est uniquement liée à la survenue d’un AVC ou si d’autres facteurs sont impliqués. C’est pour y voir plus clair qu’une revue de la littérature associée à une méta-analyse a été réalisée en incluant les travaux les plus récents. Au total, 21 études, portant sur des cohortes réparties dans différentes régions du monde, ont répondu aux critères d’exigence fixés par les auteurs. Parmi ces études, 7 avaient examiné de manière plus spécifique la relation éventuelle entre fibrillation auriculaire et déclin cognitif après un AVC et 14 s’étaient intéressées à cette association indépendamment de la survenue d’un AVC, 9 d’entre elles étant des études longitudinales. Globalement, lorsque les sujets en fibrillation auriculaire avaient été victimes d’un AVC, leur risque de déclin cognitif ou de démence était multiplié par 2,7, relation qui était plus forte encore dans les études longitudinales. Même en l’absence d’AVC, les patients qui étaient en fibrillation auriculaire avaient un risque de déclin cognitif ou de démence majoré de 40%. Ces données confirment l’existence d’une association entre la fibrillation auriculaire et un déclin cognitif ou une démence chez les personnes qui ont été victimes d’un AVC. Elles montrent également que ce risque est augmenté même en l’absence d’AVC. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cet impact de la fibrillation auriculaire sur les performances cognitives, parmi lesquelles figurent d’autres facteurs de risque cardiovasculaire et métabolique, l’existence d’AVC silencieux, une hypo-perfusion cérébrale ou bien encore un état inflammatoire et une atteinte de la substance blanche péri-ventriculaire. En conclusion, les auteurs insistent sur la nécessité pour les praticiens de considérer l’évolution des performances cognitives dans la prise en charge des patients en fibrillation auriculaire.

Publié en Avril 2013
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Kalantarian S et al. Ann Intern Med. 2013;158:338-346.