La prévention des effets iatrogéniques médicamenteux pourrait être améliorée.

Les effets indésirables sévères induits par les médicaments sont d’autant plus fréquents que les patients sont âgés et polymédiqués. De 10 à 30% des hospitalisations des seniors seraient la conséquence de ces effets secondaires. L’étude française d’intervention OMAGE avait pour objectif de prévenir les ré-hospitalisations de patients âgés qui avaient été admis en unité de gériatrie aiguë. Il s’agissait d’un essai multicentrique sur 6 mois dont l’intervention avait été focalisée sur 3 facteurs de risque principaux : les effets indésirables médicamenteux, la dépression et la malnutrition protéino-énergétique. Au total, 665 patients âgés en moyenne de 86 ans, recrutés dans 6 unités de gériatrie aiguë, ont été inclus, soit 317 dans le groupe intervention et 348 dans le groupe témoin. Au cours de leur séjour, les traitements des participants avaient été optimisés. De plus, dans le groupe intervention, leurs problèmes de santé leur avaient été expliqués et les participants avaient été sensibilisés aux effets bénéfiques et indésirables des médicaments ainsi qu’à la prévention de ces effets. Le lien entre une dépression éventuelle, le risque de malnutrition, le risque de sarcopénie et de chute leur avait également été expliqué. Leur généraliste était tenu informé des modifications de traitement éventuels par courrier et par téléphone si nécessaire. Les caractéristiques des participants des 2 groupes étaient comparables : en moyenne ils souffraient de 3,4 pathologies chroniques et prenaient 6,7 médicaments chaque jour. Leurs lieux d’habitation et mode de vie étaient également similaires ainsi que leur besoin de réhabilitation lors de leur sortie de l’hôpital. Au cours des 6 mois suivant la sortie de l’hôpital, 12,6% des patients du groupe intervention et 16,5% du groupe témoin sont décédés. Par ailleurs, 180 sujets témoins et 131 sujets du groupe intervention ont été ré-hospitalisés, les problèmes liés aux médicaments étant la cause la plus fréquente avec respectivement 40,4% et 34,7% des cas dans chacun de ces 2 groupes. Les effets indésirables sévères étaient responsables de 28,7% des réadmissions dans le groupe témoin et de seulement 17,3% dans le groupe intervention. Cette étude confirme que les effets indésirables des médicaments sont bien l’une des premières causes de ré-hospitalisation chez les personnes âgées. La mise en place de mesures de préventions adaptées semble donc nécessaire, avec probablement une plus grande implication des personnels de santé mais aussi une meilleure éducation du patient.

Publié en Février 2013
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Bonnet-Zamponi D et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:113-121.