Le diabète de type II : un facteur de risque important d’arthrose.

La prévalence de l’arthrose est élevée dans les pays industrialisés, avec une progression en partie liée au vieillissement de la population ainsi qu’à la surcharge pondérale. Son impact sur la qualité de vie, mais aussi sur les dépenses de santé, est considérable, avec des options thérapeutiques limitées et un recours aux prothèses articulaires en constante augmentation. Une meilleure connaissance des facteurs de risque apparaît donc primordiale. Le fait que l’association entre obésité et arthrose concerne également des articulations qui ne sont pas soumises à la surcharge pondérale suggère l’existence d’une composante métabolique. Pour le confirmer, une étude de population a été réalisée sur une cohorte italienne de 927 participants âgés de 40 à 80 ans lors de leur recrutement en 1990. Ils ont bénéficié d’examens de santé approfondis tous les 5 ans jusqu’en 2010. Au cours de cette période, 351 personnes sont décédées. En début d’étude, 69 participants avaient un diabète de type II confirmé par les examens de laboratoire. Entre 1990 et 2010, 13 arthroplasties de la hanche ou du genou ont été pratiquées chez les participants diabétiques et 73 dans le reste du groupe. Après ajustement sur les principaux facteurs de risque, dont l’âge et la prise de poids au cours du suivi, la présence d’un diabète de type II apparaissait comme un facteur de risque indépendant d’arthrose, celui-ci étant multiplié par 2 chez les diabétiques. L’âge moyen de l’intervention était le même, que les sujets soient diabétiques ou non (74 versus 73 ans). La probabilité d’un recours à une arthroplastie augmentait avec la durée du diabète. Ces données ont été confirmées par une analyse transversale effectuée en 2010 sur les participants encore en vie, parmi lesquels 74 diabétiques. Chez ces derniers, 10,8% avaient une prothèse totale du genou et 9,5% une prothèse de hanche, versus 3,3% et 5,0% chez les non diabétiques. De plus, la symptomatologie arthrosique, douleurs et difficultés à la mobilisation articulaire en particulier, était plus sévère chez les personnes diabétiques que chez les témoins, résultats qui étaient étayés par les clichés montrant les altérations structurales articulaires. Selon les auteurs, il s’agit là de la première démonstration d’un lien entre diabète et arthrose sévère, indépendamment de l’âge ou du surpoids, résultats qui renforcent le concept de l’implication d’une composante métabolique dans le processus physiopathologique de l’arthrose.

Publié en Avril 2013
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Schett G et al. Diabetes Care. 2013;36:403-409.