Le risque de fracture de hanche est doublé dans les semaines qui suivent l’instauration d’un traitement diurétique.

Selon leur mode d’action rénal, les diurétiques peuvent être associés soit à une augmentation de la masse minérale osseuse, comme c’est le cas des thiazidiques, soit au contraire, à une déminéralisation, comme pour les diurétiques de l’anse. Leurs impacts sur le risque de fracture restent cependant controversés. L’instauration récente d’un traitement diurétique pourrait également favoriser le risque de chutes et de fractures en raison de l’augmentation de la diurèse et de l’urgence mictionnelle. Pour répondre à cette question, une enquête a été réalisée sur 28 703 patients victimes d’une fracture de hanche entre 1987 et 2010 et faisant partie d’une cohorte de plus de 2 millions de personnes de plus de 50 ans en Grande Bretagne. Ces participants étaient âgés en moyenne de 74 ans et 77% étaient des femmes. L’étude de ces cas a montré que le risque relatif de fracture de hanche était doublé au cours de la première semaine suivant l’instauration d’un traitement par le furosémide. Lors de la prise d’un diurétique thiazidique, c’est au cours de la seconde semaine de traitement que ce même risque était significativement multiplié par 2,2. En revanche, il n’y avait aucune relation significative entre l’initiation d’un traitement par un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine et le risque de fracture de hanche au cours des premières semaines de traitement. Jusqu’ici, les analyses s’étaient essentiellement focalisées sur le risque de chute et de perte minérale osseuse lors de traitements de longue durée par des diurétiques. L’augmentation du risque de fracture en tout début de traitement pourrait résulter de l’effet diurétique et des urgences mictionnelles, y compris pendant la nuit, chez les personnes vulnérables. Compte tenu de ces observations, une mise en garde des patients âgés par leur médecin traitant pourrait s’avérer bénéfique.

Publié en Mars 2013
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Berry SD et al. Osteoporosis Int. 2013;24:689-695.