Le tabagisme passif augmente fortement le risque d’ostéoporose.

Une augmentation très significative du risque de fracture a déjà été rapportée chez les fumeurs hommes et femmes, même plusieurs années après l’arrêt du tabac. Les méfaits du tabagisme passif sur la minéralisation du squelette étant beaucoup moins documentés, une étude a été réalisée chez des femmes coréennes de plus de 55 ans (moyenne 66 ans) qui participaient à une cohorte nationale de suivi de santé en lien avec leur mode de vie. Parmi les 2 067 participantes représentatives de la population générale, 925 déclaraient n’avoir jamais fumé, affirmation qui était vérifiée par une mesure des concentrations urinaires de cotinine. Aucune ne prenait de traitement anti-ostéoporotique. Une mesure densitométrique au niveau du rachis lombaire et du col fémoral a été effectuée pour rechercher une ostéoporose, selon les critères définis par l’OMS. Les femmes qui cohabitaient avec des fumeurs avaient des concentrations urinaires de cotinine significativement plus élevées (12,3 ng/ml) que celles qui n’étaient pas exposées à la fumée de tabac (7,3 ng/ml). Comparées aux femmes non exposées, celles qui subissaient la fumée de cigarette avaient un risque plus élevé d’ostéoporose, quel que soit le nombre de cigarettes consommées. Ce risque était plus marqué lorsqu’elles vivaient avec des gros fumeurs. Ainsi, les femmes qui cohabitaient avec une personne qui fumait plus de 20 cigarettes par jour avaient un risque d’ostéoporose lombaire et fémorale multiplié par 5,4 et 4,3, respectivement, comparées aux femmes qui n’étaient pas exposées à la fumée de tabac. Le tabagisme passif se montre donc aussi néfaste pour le métabolisme osseux que la consommation active de cigarettes.

Publié en Mars 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Kim KH et al. Osteoporosis Int. 2013;24:523-532.