L’exposition aux particules fines accélère la progression de l’athérosclérose.

Une corrélation entre une exposition prolongée à la pollution atmosphérique, et plus particulièrement aux particules fines, et les maladies cardiovasculaires a bien été mise en évidence. Plusieurs mécanismes ont été proposés pour expliquer ce phénomène parmi lesquels figurent une augmentation du stress oxydatif, une inflammation systémique ou encore une altération de la fonction endothéliale. Une étude prospective a été spécifiquement mise en place par des épidémiologistes américains pour préciser l’impact de l’exposition aux fines particules sur la progression de l’athérosclérose dans une cohorte représentative de la population générale. Les 6 814 participants étaient âgés de 45 à 84 ans à l’inclusion. Au sein de cette cohorte, il y avait 44% de sujets hypertendus, 12% de diabétiques et près de la moitié étaient fumeurs ou anciens fumeurs. L’épaisseur de leur paroi carotidienne, considérée comme un marqueur du développement de lésions athéroscléreuses, a été mesurée par échographie en début d’étude, puis en moyenne 2,5 années plus tard. Le niveau d’exposition aux particules fines (particules inférieures à 2,5 µm de diamètre) dans l’atmosphère du lieu de résidence des participants au cours de l’année précédant les examens avait été calculé sur la base des informations fournies par les agences de protection de l’environnement. La concentration en particules fines au cours de la période d’observation était en moyenne de 17 µg/m3, avec des valeurs extrêmes allant de 9,4 à 27,5 µg/m3. Au cours de cette étude, la progression annuelle moyenne de l’épaisseur de l’intima-média carotidienne était de 14 µm/an. Une association positive entre la concentration en particules fines et l’épaisseur de la paroi carotidienne a été observée par les investigateurs. Ainsi, l’épaisseur de la média progressait de 5,0 µm/an chez les personnes qui vivaient dans un environnement avec une concentration de particules fines supérieure de 2,5 µg/m3comparé aux autres régions. A l’inverse, lorsque le niveau d’exposition des participants baissait de 1 µg/m3, la progression de l’athérosclérose ralentissait de 2,8 µm/an. Cette étude va se poursuivre pendant 10 ans. Quoi qu’il en soit, et si ces résultats sont confirmés par les mesures faites en fin d’étude, ces données confirment qu’une exposition de longue durée aux fines particules, même à des niveaux inférieurs à ceux actuellement tolérés (moins 20 µg/m3à atteindre en 2015 en France), est associée à une progression accélérée de l’athérosclérose, ce qui pourrait expliquer l’augmentation de l’incidence des maladies cardiovasculaires dans les zones urbaines.

Publié en Mai 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Adar SD et al. Plos Med. 2013;10:e1001430.