L’indice de distribution érythrocytaire : un paramètre à prendre en compte après une fracture de hanche.

L’indice de distribution des globules rouges fait partie des paramètres calculés par les automates lors de la réalisation d’un hémogramme. Un indice élevé correspond à une variation importante de la taille des globules rouges, reflet d’une destruction accentuée de ces cellules ou d’une érythropoïèse anormale, dont les causes peuvent être multiples. Un lien a pu être établi entre une élévation de cet indice et un risque accru de mortalité chez les insuffisants cardiaques, les sujets souffrant d’hypertension pulmonaire, voire chez les sujets âgés en apparente bonne santé. Il semble que ce soit aussi le cas chez les personnes qui ont été victimes d’une fracture de hanche d’après une étude concernant 698 patients hospitalisés. L’âge moyen de ces malades était de 78 ans, et un tiers était de sexe masculin. La mortalité hospitalière puis à 4 mois et à 1 an était de 8%, 14% et 23%, respectivement. L’indice de distribution moyen était de 14,3 ± 2,2%. Les participants qui avaient un indice de distribution élevé avaient un plus grand nombre de comorbidités et une plus grande probabilité de complications postopératoires. La mortalité à 1 an était d’autant plus forte que l’indice de distribution de leurs globules rouges était élevé : 12% pour un indice compris entre 10,0 et 13,0%, 15% pour un indice entre 13,1 et 14,1%, 29% pour un indice entre 14,2 et 15,2% et 36% pour un indice > 15,3%. Après ajustement sur les facteurs de risque classiques, l’indice de distribution des globules rouges était significativement associé à la mortalité hospitalière, à 4 mois et à 1 an avec des augmentations respectives de 21%, 17% et 27%. Cette relation demeurait inchangée après exclusion des patients anémiques. La distribution anormalement élevée de la taille des érythrocytes est probablement d’origine multifactorielle aboutissant à une anisocytose. Ajouter ce paramètre aux scores d’évaluation des malades pourrait, selon les auteurs, contribuer à mieux identifier les patients à haut risque de mortalité.

Publié en Avril 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Garbharran U et al. Age Ageing. 2013;42:258-261.