Planification anticipée du projet thérapeutique et qualité des soins de fin de vie de la personne âgée.

Des travaux ont déjà été consacrés à l’apport des directives anticipées dans la prise en charge de la fin de vie, mais ils demeurent cependant insuffisants pour appréhender ce phénomène dans sa globalité. Au cours d’une nouvelle étude, des investigateurs californiens ont voulu préciser l’effet de telles directives sur la qualité des soins de fin de vie des personnes âgées. Il s’agissait d’une étude observationnelle réalisée sur la cohorte HRS (Health and Retirement Study) dans laquelle ont été incluses 4 399 personnes, dont 55% de femmes, qui avaient 82,6 ans en moyenne au moment de leur décès. La planification anticipée de projet thérapeutique était définie par l’existence de directives anticipées ou la désignation d’un mandataire de protection future à la personne ou l’existence d’une discussion avec un parent proche sur les préférences en termes de soins de fin de vie. Les événements recueillis étaient le taux d’admissions à l’hôpital, de décès intra hospitaliers, de séjours supérieurs à 14 jours à l’hôpital, d’admissions en unité de soins intensifs, l’existence de plus d’un passage aux urgences, l’admission en soins palliatifs, y compris une admission en soins palliatifs moins de 3 jours avant le décès. Au sein de cette cohorte, 66% des patients avaient planifié de manière anticipée leur projet thérapeutique. Parmi ces derniers, 92 % donnaient une priorité au confort. Après ajustement, les personnes ayant planifié leur projet thérapeutique mourraient moins à l’hôpital (risque relatif 0,87), étaient plus souvent admises en soins palliatifs (RR 1,68), étaient moins souvent bénéficiaires de soins palliatifs dans les tous derniers jours précédents le décès (RR 0,88). En revanche, il n’y avait pas de différence significative dans le taux d’hospitalisation dans le dernier mois de la vie, dans le taux d’admission en unité de soins intensifs, ou dans le nombre répété de passages aux urgences. Le fait d’avoir un mandataire de protection future à la personne, d’avoir rédigé des directives anticipées ou d’avoir eu une discussion sur la fin de vie avec un parent proche était associé de manière indépendante à une augmentation du recours aux soins palliatifs. Cette étude montre qu’une planification du projet thérapeutique par la rédaction de directives anticipées, mais aussi par la désignation d’un mandataire de protection future à la personne ou la discussion du projet de vie avec son entourage, permet une meilleure qualité des soins en fin de vie. Il s’agit toutefois d’une étude rétrospective avec un recueil des informations lors d’un entretien avec un proche en moyenne 13,5 mois après le décès des patients. Les intervalles de confiance relativement larges sont probablement le reflet de la complexité de la relation entre les directives anticipées et les soins de fin de vie.

Publié en Avril 2013
Auteur : Adèle de Malherbe - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Bischoff KE et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:209-214.