Une carence en vitamine D favorise le risque d’accident coronarien et aggrave son pronostic.

De plus en plus de données montrent que la vitamine D serait également impliquée dans le bon fonctionnement du système cardiovasculaire. Selon des travaux récents, un déficit en vitamine D serait fréquemment observé chez les patients victimes d’un syndrome coronarien. Deux publications parues en tout début d’année tendent à confirmer l’implication de cette vitamine dans la survenue d’accidents coronariens. Dans la première étude, les auteurs ont établi un parallèle entre la concentration sérique en vitamine D lors de l’hospitalisation de patients qui avaient été victimes d’un accident coronarien aigu (angor instable ou bien infarctus avec ou sans décalage du segment ST) et leur pronostic au cours des 3 années suivantes. Au total, 206 patients, âgés en moyenne de 70 ans, ont été inclus dans cette étude. Pour 93% d’entre eux, il s’agissait d’un accident coronarien sans décalage du segment ST. Leur concentration en vitamine D lors de l’admission était de 19,5 ± 8,2 ng/ml, avec un déficit sévère (≤ 10 ng/ml) chez 10% des sujets. Au cours de l’hospitalisation, 24% des patients sévèrement carencés en vitamine D étaient décédés, contre seulement 5% dans le reste du groupe. Les courbes de mortalité sont ensuite restées parallèles pendant toute la durée du suivi. Après ajustement sur les diverses co-variables, un déficit sévère en vitamine D demeurait un facteur prédictif indépendant de la mortalité hospitalière. L’objectif de la seconde étude était de suivre une cohorte de 1 783 participants pendant 11 années et d’établir un lien éventuel entre la survenue d’une maladie coronarienne et la concentration sérique en vitamine D. Au cours de cette période, 298 coronaropathies ont été diagnostiquées. Après ajustement sur de nombreux paramètres dont l’âge, le sexe, la saison ainsi que les facteurs de risque cardiovasculaire classiques et divers marqueurs de l’inflammation, les femmes qui avaient les niveaux les plus élevés de vitamine D avaient un risque de maladie coronarienne diminué de moitié, comparées à celles qui avaient les taux les plus faibles. Cet effet protecteur de la vitamine D était nettement moins marqué chez les hommes. Les résultats de ces 2 études plaident en faveur d’une recherche des déficits en vitamine D et d’une correction appropriée, bien que des essais cliniques soient encore nécessaires afin d’en préciser le bien-fondé.

Publié en Avril 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Correia LCL et al. Am J Cardiol. 2013;111:324-327. Karakas M et al. J Clin Endocrinol Metabol. 2013;98:272-280.