Une consommation régulière de café réduit l’incidence des cancers oro-pharyngés.

Les cancers de la cavité orale et du pharynx se situent au 8èmerang des cancers les plus fréquents en France et touchent particulièrement les hommes avec 7 600 nouveaux cas diagnostiqués en 2011. Le tabac et l’alcool sont les 2 principaux facteurs de risque avec un renforcement mutuel de ces 2 facteurs. Hormis le rôle des boissons alcoolisées, l’importance des habitudes alimentaires sur l’étiologie de ces cancers et leur évolution est assez peu documentée. Le rôle bénéfique éventuel du café et du thé a pu être exploré au cours d’une étude de cohorte mise en place en 1982 par la Société Américaine de Cancérologie, dont le but était d’améliorer la prévention des cancers. Parmi les 968 432 participants recrutés, âgés en moyenne de 57 ans et qui tous étaient indemnes de cancer au départ, 868 décès sont survenus en raison d’un cancer oro-pharyngé au cours des 26 années de suivi. Plus de 60% de l’ensemble de la cohorte buvait au moins 1 tasse de café non décaféiné chaque jour, avec une moyenne de 3 tasses/jour. Les plus gros buveurs de café étaient plus souvent des fumeurs et aussi ceux qui consommaient le plus d’alcool. Après ajustement des données sur la consommation de tabac et d’alcool en particulier, le risque de décès par cancer oro-pharyngé était réduit de moitié chez ceux qui buvaient régulièrement au moins 4 tasses de café non décaféiné chaque jour, comparés à ceux qui n’en prenaient jamais ou occasionnellement. Cet effet bénéfique était proportionnel à la quantité de café absorbée, entre 1 et 5 tasses/jour. Une tendance similaire, bien que moins marquée, a également été observée chez ceux qui ne consommaient que du café décaféiné. En revanche, aucun effet bénéfique n’a été observé avec le thé. Ces données viennent renforcer l’hypothèse d’un effet protecteur du café vis-à-vis de certains cancers, phénomène dont les mécanismes et les molécules impliquées restent à préciser.

Publié en Mars 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Hildebrand JS et al. Am J Epidemiol. 2013;177:50-58.